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L'espace Dossiers propose des articles sur les animaux de tout genre (domestiques, sauvages, exotiques) et donne des conseils pour les amoureux des animaux.
Paradis de la montagne? Et le
braconnage?
Bandits de grands ou de
petits chemins, malandrins, criminels, quel que soit le nom qu'on leur donne,
les braconniers sont une plaie pour la gent animale. Chaque année,
disparaissent des parcs nationnaux des dizaines d'animaux protégés. Le chamois
se retrouve ainsi, 365 jours par an, au menu des restaurants limitrophes des
parcs, alors que la chasse de cet ongulé n'est ouverte - hors parcs - que trois
semaines chaque année. On découvre aussi régulièrement dans la partie la
plus protégée des parcs des cadavres de chamois décapités. La tête et les
bois sont partis orner les murs de quelque amateur de trophées.
Mais il y a pire. Dans la forêt de Fontainebleau, certains traquent, la nuit,
le cerf en voiture à l'aide d'un gyrophare. L'animal, attiré par la lumière,
est alors facile à tirer à bout portant.
Il y a aussi les imposantes cornes du bouquetin, qui constituent un trophée très
recherché, et sa chair savoureuse l'exposent à la convoitise des braconniers.
Ceux-ci le traquent même l'hiver, dans les parcs enneignés, car tête et bois
se vendent pour un grand prix. On peut souvent découvrir des empreintes tachées
de sang dans le massif du Grand Paradis. Voilà pour les braconniers.
Braconage et commerce illégal
Toutes les espèces ou
presque sont chassées pour la viande, mais aussi pour l'ivoire, les peaux ou
d'autres produits encore destinés principalement au marché international. La
surexploitation généralisée du gibier entraîne désormais les chasseurs à
s'enfoncer pendant des jours dans la forêt afin de trouver suffisamment
d'animaux. Toutes les espèces sont abattues, sans aucune distinction : même
des espèces rares, comme les chimpanzés ou les colobes, ne sont pas épargnées.
Pareille exploitation a déjà conduit localement des animaux tels que le
cercopithèque ascagne, le céphalophe bleu, le rat géant d'Emin ou l'athérure
africain au seuil de l'extinction.
Certaines techniques de chasse, tels l'affût nocturne à l'aide de projecteurs
ou les incendies de brousse, peuvent en outre s'avérer particulièrement
gaspilleuses et destructrices. L'accroissement de la population dans les
villages et surtout dans les villes, l'utilisation d'armes modernes, la
construction de routes et le déboisement (qui facilitent la pénétration des
chasseurs au plus profond de la forêt), ainsi que le passage d'une consommation
locale traditionnelle vers des circuits commerciaux à grande échelle, sont
autant de facteurs qui expliquent pourquoi la pression de la chasse est devenue
intolérable dans la plus grande partie du pays.
La demande au niveau international pour certains produits tels les peaux de
reptiles ou l'ivoire, ou pour des animaux vivant tels les chimpanzés, les
perroquets jaco ou les jeunes pythons, est également à l'origine d'un
braconnage intense. Souvent, les produits bruts sont travaillés en Europe ou en
Asie pour produire des articles de luxe, tandis que les animaux vivants
aboutissent finalement chez des marchands, dans des zoos ou des centres de
recherche. Le commerce de telles espèces est réglementé par la Convention de
Washington (CITES).
Les effets néfastes d'une exploitation anarchique sont clairement illustrés
par le destin tragique des rhinocéros blancs, dont la sous-espèce d'Afrique
centrale ne compte plus que 24 spéciments, qui vivent dans le Parc National de
la Garamba : ces animaux furent impitoyablement massacrés pour leur corne qui
partait en fraude à destination de l'Extrême-Orient et du Yémen. Un tel
trafic est très souvent organisé et stimulé par des intermédiaires qui
habitent les villes : ce sont eux d'ailleurs qui amassent les plus gros bénéfices,
tandis qu'en brousse, les braconniers ne reçoivent qu'une aumône pour
s'occuper des sales besognes.
L'ivoire demeure en vogue et s'il n'est pas mis fin rapidement aux massacres
perpétrés à l'heure actuelle, l'avenir de l'éléphant apparaît comme
particulièrement sombre. Dans les forêts du Haut-Congo et de l'Equateur, on
les décime à l'arme automatique tandis qu'au Katanga, une région de savanes,
on empoisonne régulièrement leur nourriture ou les points d'eau qu'ils
utilisent. Les principales raisons d'être de ce trafic très lucratif sont la
demande incessante d'ivoire brut en Asie et la flambée des prix de l'ivoire.
Par ailleurs, le braconnage est également stimulé par l'existence d'un certain
nombre d'ateliers locaux de transformation de l'ivoire dont la plupart sont établis
à Kinshasa.
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